Affaire

Triple infanticide de Lennik

14 Janv. 2018
AFFAIRE

Le procès de Mbow Thioro a commencé cette semaine devant une chambre correctionnelle alors qu'on avait longtemps débattu sur le fait de la renvoyer devant la cour d'assises.

Elle comparaît pour le triple infanticide de 3 de ses 4 enfants. Les faits sont absolument atroces puisqu'elle les a enfermé dans une annexe avant d'y bouter le feu.

Elle avait un peu avant drogué Omy (2 ans),Abbygail (4ans) et madysson (6 ans) avec du diazepam.

Il ressort de l'enquête que Mbow Thioro avait régulièrement donné des somnifères et autres substances hypnotique quand elle voulait avoir la paix pour boire ou se droguer.

Helmut Ulin, père des trois petites victimes, la fille aînée de madame Mbow ayant échappé au supplice parce qu'elle était à l'école, cherche à percer les nombreuses déclarations de son ex-femme, du fait notamment que c'est un accident, qu'elle ne savait pas que les enfants étaient à l'intérieur.

L 'annexe est assez petite et donc comment n'a-t-elle pas entendu les jeux de trois petits enfants ?

 De plus, elle reconnaît à demi mot qu'une fois qu'elle a bouté le feu, à l'aide d'une « bombe » de son invention, à savoir une pot qu'elle avait rempli des produits inflammable dont du white spirit avec un morceau de tissu pour faire la mèche.

Pour ce faire, elle est retournée dans la maison, ce qui, vu le temps qu'elle a mis, démontre sa détermination mais aussi une froideur effrayante.

Elle déclare, depuis, qu'elle aurait voulu sauver les enfants mais aurait été surprise par la violence de l'incendie (le médecin légiste n'a trouvé aucune brûlures sur son corps.

Détails particulièrement horrible, elle va téléphoner à monsieur Ulin (papa des trois fillettes) en lui disant qu'elle avait mis le feu, que les enfants étaient à l'intérieur mais qu'après une dizaine de minutes, elle ne les a plus entendu .

La froideur voire l'insensibilité ont été un des grands chapitres de ce dossier ainsi que la toxicomanie et l'alcoolisme de l'accusée. Entre autres, une voisine a témoigné qu'il lui arrivait souvent de s'occuper des enfants, leur donnant à manger, le bain parce que l 'accusée était ivre, sous l'emprise de médicaments ou carrément des deux.

Madame Mbow Thioro raconte les faits et ne fait pas preuves de la moindre émotion durant tout son récit.

Même son avocate maître Marie-Jeanne Kaijuka connue pour être une excellente pénaliste doublée d'une humanité rare n'a pas réussi à faire oublier ce comportement détaché, glacial.

Pour en revenir à la consommation d'alcool et de médicaments de l'accusée. Et encore une fois, ça fait froid dans le dos, elle mélange des médicaments à la nourriture des enfants afin « d'avoir la paix ».

De plus, le médecin généraliste de la famille apparaît comme un personnage bien mystérieux.

Tout d'abord, malgré les nombreux témoignages, il prétend ne rien connaître de sa consommation d'alcool pour faire un peu marche arrière quand le procureur Estelle Arpigny le presse de questions.

Il avoue aussi lui avoir déposé des médicaments de la famille des benzodiazépines comme des somnifères et des des anxiolytiques qui sont normalement délivrés sous ordonnance.

Ce qui pourrait coller à la thèse de monsieur Ulin qui soupçonne une liaison entre sa femme et le médecin. Version corroborée par le fait que  quand qu'il s'est fâché vu les problèmes de consommation de sa femme, le médecin n'est plus venu en sa présence.

L'autre volet important de ce dossier est la dégradation du couple Ulin-Mbow Thioro qui

était en instance de divorce et déjà séparé.

La police de la zone a signalé qu'ils devaient régulièrement se rendre chez le couple pour des différents conjugaux violents (jusqu'à 25 fois par an).

Quant au passage à l'acte de madame Mbow Thioro, il semblerait qu'il soit la conséquence de la visite d'un huissier qui lui signifiait qu'elle devait quitter les lieux car la maison appartenait à son mari mais aussi parce qu'il demandait, vu ses problèmes, la garde exclusive des enfants.

Selon ses dires c'est à ce moment que l'accusée aurait décider de droguer ses enfants avant de les mettre dans l'annexe de la maison et d'y mettre le feu.

Le procureur, Estelle Arpigny, n'a pas pu trouver de circonstances atténuantes devant l'horreur des faits et une accusée qui n'a à aucun moment manifesté d'émotion ou de remords ni envers ses enfants, ni les parties civiles.

A la fin de son brillant réquisitoire, elle a demandé une peine de 30 ans, mais comment ne pas demander une peine exemplaire face à une femme, qui n'a avoué qu'une chose; je ne savais pas que les enfants étaient à l'intérieur et qu'elle n'a rien su faire car la chaleur, était insupportable et les flammes trop fortes.

Tout au long du procès, l'accusée s'est montrée sous son vrai visage; une femme froide, sans émotion, menteuse, alcoolique et prostituée à l'occasion.

Vu l'horreur des actes de madame Mbow, pour les raisons susmentionnées, la procureur a demandé une peine exemplaire de 30 années de réclusion.

Et ce qui va certainement peser lourd dans la balance, c'est l'appel à son mari, où elle lui avoir mis le feu à l'annexe alors que les enfants y étaient et de finir, avant de raccrocher, qu'elle les a entendu crier pendant 10 minutes et que maintenant tout est fini.

Après les plaidoiries des avocat de madame Mbow, très difficiles, menées par maître Marie-Jeanne Kayijuka. c'est maître Catherine Toussaint qui a parlé, enfin des petites victimes, et elle l'a fait avec brio et une empathie qu'on connaît. Ce qui a permis aux partie civile leur proches d'entendre encore une infime fois la voix de ceux qui leur étaient si cher.

C'est la froideur, la volonté de vengeance, de madame Mbow, son manque total de remords.

C'est certainement, entre autres, les points que les juges ont pris en compte quand il a fallu se prononcer.

La substitut du procureur, Estelle Harpigny a demandé une peine de 30 ans.

C'est ce que le tribunal a retenu et condamné madame Mbow à 28 ans.

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