Affaire

Le château de conte de fée abritait le pire des monstres

09 Déc. 2017
AFFAIRE

Ecœurant, pervers, répugnant, monstrueux, des mots qu'on espérait ne plus prononcer depuis les affaires Dutroux et Fourniret, Hélas...

 

Le monstre, c'est Marc de Villers Grandchamps, 82 ans et des dizaines d'années de viols, attouchement, tortures sur un nombre de jeunes garçons. Il y en a eu tellement qu'ils ne sont pas tous sur le banc des parties civiles, certains qu'on a pas pu identifier, d'autres n'ayant pas la force d'affronter l'ignoble personnage qui leur a pris leur enfance, d'autres encore ne voulant pas être cités.

L'ogre est dans la salle attendant calmement dans la salle, sur le même banc que moi.

Et , horreur, quand le président demande aux parties de prendre leur place, le vieux monsieur chic, avec l'air d'un lord anglais va se mettre sur les banc des accusés.

En face, une famille dont je tairais le nom par respect pour ces personnes qui vivent dans la douleur depuis des années.

Cette famille qui avait 4 garçons dont tous sont présent est dévastée. Leur fils Olivier ne sait pas rester plus d'une dizaine de minutes sans perdre connaissance, ce qui entraîne énormément de lésions nécessitant plusieurs séjour en hôpital psychiatrique.

Les 3 autres enfants sont eux aussi traumatisés et ont dû interrompre leur études. Leur avenir est donc gravement compromis.

Ils sont soutenus par d'autres victimes ou leurs famille, impressionnant de dignité quand le président commence à  énumérer les faits.

Les familles des victimes sont représentées par maître Réginald de Béco, connu pour  être un des grands pénalistes belges. Et s'il a l'habitude de dossiers d'assises complexes, il a cette fois marqué tout le monde par son humanité et on a envie de dire l'affection qui transparaît quand il parle avec émotion des sévices subis par ses clients, ouvrant la porte, peut-être, à l'espoir.

Marc de Villers Grandchamp, se la jouant grande âme, invite des jeunes garçons soit dans son château de Godinne ou pour faire des équipées en mer ou il a un yacht, à la mode scoutisme.

Les parents sont heureux et reconnaissant et surtout à dix mille lieues de s'imaginer de ce qui se passe derrière ces murs.

Ca va durer des années, jusqu'au jour où Olivier se révolte et frappe son bourreau devant ses parents. On commence par se poser des questions entre parents, on pose des questions aux enfants, qui sont parfois devenu des hommes.

Et la vérité apparaît, ignoble, crue, froide et tellement nauséabonde.

Et voici ce que le juge raconte le dossier et on a la chair de poule rien que de l'écouter.

Le monstre avait battu, violé, torturé, obligé les garçons à avoir des rapports entre eux mais aussi des coups et blessures.

Ainsi, il avait le jeu des 12 coups de minuit où on choisissait 2 enfants qu'on frappait avec une planche à chaque coup de l'horloge.

Il y avait les combats entre les enfants pendant lesquelles Marc de Villers Grandchamp pour commettre des attouchements.

Il était aussi un grand adepte du jeu du jeu dit « du foulard », jeu qui consiste à s'étrangler jusqu'à tomber dans les pommes. Heureusement depuis quelques années la presse et les gens qui travaillent avec des enfants nous ont informé de la dangerosité de jeu qui a , à de nombreuses reprises, entraîner la mort.

Le récit continue , heureusement pas trop longtemps, tellement il est écœurant.

Viens à présent le tour de l'accusé et de son avocat de prendre la parole.

Si les familles attendaient des réponses, ils en ont été pour leurs frais.

L'ordure est peu bavard ; oui il a commis ces actes et il est « désolé » que les victimes et leur entourage l'ai pris de la sorte. Il voulait en faire des hommes et ne s'est pas rendu compte qu'il leur faisait tant de mal.

Il parle du fait qu'il voit une psychologue depuis 3 ans (obligation du tribunal, non pas de son propre chef) et que ça lui a fait du bien. Ah bon ????

et de finir, conformément aux réquisitions de l'avocat général qui demande 10 ans, en évoquant son âge, ses problèmes de santé qui demandent des soins qu'on ne peut pas recevoir en prison.

Et on finit, vu ce qu'on sait sur le traitement réservé aux violeurs d'enfants en prison, par se demander si le grand-méchant n'a pas juste peur cette fois-ci de se faire dévorer par les petits chaperons rouges à qui nous souhaitons de pouvoir reprendre le cours de leur vie et à olivier de pouvoir continuer à avoir des contacts qui lui permettront d'avoir une conversation sans perdre connaissance.

Le tribunal s'est prononcé ce lundi pour une peine de 8 ans de prison ferme, à verser des indemnités bien basses aux victimes et à la confiscation de son bateau qui reste une preuve de ses exactions.

../